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Recherche génétique : le "golden" du Sibérien

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Lors du séminaire des club de race organisé par le LOOF, le 20 mai 2018, nous avons pu assister à une conférence menée par le Professeur Bossé de l’ENVA et le Docteur Abitbol de VetAgro-Sup.


Nous en avons profité pour interroger le Docteur Abitbol sur la recherche consacrée au « golden » du Sibérien.

 

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Le développement comportemental du chaton (AFVAC 2017)

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LE DÉVELOPPEMENT COMPORTEMENTAL DU CHATON : L’ESSENTIEL EN 5 CONSEILS

MURIEL MARION
DV, Vétérinaire comportementaliste-Présidente du GECAF
muriel.marion@free.fr

 

Le chaton se construit de l’héritage de ses parents et du contexte dans lequel il évolue. Il n’existe pas de lien direct entre les comportements. Il n’existe pas de gènes de l’agressivité ou de gène de l’amour des enfants. Le chaton hérite de la moitié des gènes de sa mère et de la moitié de ceux de son père. Ce potentiel génétique peut être un facteur de vulnérabilité de certaines affections : déficits sensoriels (surdité), troubles de l’humeur. Elles peuvent entraîner des affections comportementales.

La mère transmet bien plus que ses gènes. Elle participe au milieu de développement dès la phase prénatale. Elle encadre le développement du chaton avec ses propres capacités et insuffisances éventuelles, avec ses émotions et lui sert de modèle. Les conditions de développement jouent un rôle majeur. Elles orientent le potentiel du chaton, lui permettent d’acquérir des bases comportementales, réactionnelles qui constitueront le socle sur lequel le chat adaptera et modifiera ses comportements par la suite. Elles participent aussi à la mise en place de vulnérabilités, c’est-à-dire de facteurs de risques d’apparition de troubles comportementaux.


1. UN ENVIRONNEMENT STIMULANT

1.1. HOMÉOSTASIE SENSORIELLE

Dès l’ouverture des yeux, les compétences développées par le chaton doivent être renforcées et stimulées. D’où l’importance de les manipuler pour cultiver le sens tactile et commencer à habituer les chatons au contact de la main humaine. C’est d’autant plus important que la portée est réduite, que la mère est absente ou débordée.
La perception des stimuli de l’environnement permet la mise en place d’un niveau de stimulation sensorielle de référence, qui détermine le seuil de tolérance aux informations extérieures. Un milieu suffisamment stimulant permet au chat d’incorporer un maximum de stimulations dans sa «banque de donnée interne».
Chez le chat, il est important que le milieu de vie ultérieur soit en adéquation avec le milieu de développement. Les chatons élevés dans un milieu hypostimulant montreront des réactions de peur face à différents stimuli de leur environnement.
A l’inverse, le passage d’un milieu hyperstimulant à un milieu hypostimulant génère également des maladies comportementales.

1.2. LA SOCIALISATION

Pour qu’un chat soit sociabilisé aux représentants de son espèce il doit vivre avec des chats jusqu’à au moins 5 semaines voire 7 semaines.
Un chaton séparé précocement de sa mère et de ses congénères ne sera pas sociabilisé à son espèce, mais s’identifiera à l’espèce au contact de laquelle il aura été élevé (espèce humaine généralement).
La sociabilisation à l’homme est fondamentale puisqu’elle garantit la qualité des interactions avec l’espèce humaine. La sociabilisation vis-à-vis des autres espèces que le chat va être conduit à côtoyer (chien ou lapin par exemple) est également importante.
Le processus de sociabilisation avec une autre espèce, nécessite des manipulations dans un contexte positif. Le fait de nourrir les chats ne suffit pas... Si la chatte n’est pas à l’aise avec l’humain, ses réactions de peur vont entraver les contacts avec les chatons et ils associeront les réactions négatives de leur mère à la présence humaine.
L’étude de Karsh et Turner établit la durée optimale des contacts avec l’homme à 40 mn par jour. Les chats correctement manipulés jusqu’à l’âge de 7 semaines sont plus amicaux avec l’homme et moins peureux. La sociabilisation est meilleure si le nombre de manipulateurs augmente. Selon cette étude, quelques chats (15 %) ne répondent pas à ces manipulations et gardent un tempérament peu sociable.
La période optimale pour la sociabilisation avec l’homme s’étend de la 2e à la 7e semaine. La peur de l’inconnu, et la peur de l’homme en particulier, débutent aux alentours de la 6e semaine. La sociabilisation à l’espèce humaine constitue une priorité, la peur étant une cause majeure d’agression.

Conseil 1 : À partir de la 3e semaine, il est conseillé de fournir au chaton de nombreuses stimulations qui le rendront plus adaptable. Les stimulations doivent être variées. Le chaton doit pouvoir se soustraire à la stimulation, faute de quoi le contraire de l’effet escompté peut exister : le chaton devient de plus en plus peureux face à cette stimulation.

Manipuler beaucoup et correctement, sans les effrayer les chatons de la 2e à la 7e semaine. Le faire faire, si possible par plusieurs personnes.

 

2. UN ATTACHEMENT DE QUALITÉ : AVOIR UNE BASE DE SÉCURITÉ POUR DÉCOUVRIR LE MONDE

À la fin de la période de transition (7e –10e jour), les aptitudes motrices et les compétences sensorielles permettent au chaton de commencer à explorer l’environnement et de découvrir le monde, inaugurant ainsi la dernière période du développement.
Le chaton est désormais capable d’analyser les caractéristiques maternelles et de l’identifier comme source de soins et de réconfort.
Cette phase correspond à la mise en place du lien d’attachement des chatons à la mère.
L’exposition à de nombreux stimuli doit être faite en présence d’une figure d’attachement permettant au chaton de s’apaiser lorsqu’il a eu peur. Fournir une pièce d’éveil avec des stimulations sonores, tactiles… ne suffit pas si les chatons n’ont pas la possibilité de s’apaiser au contact de leur mère.
Afin que la mère puisse remplir son rôle de figure apaisante, le lien d’attachement doit s’être construit dès les premiers jours.

Conseil 2 : Un attachement apaisant permet au chaton d’être plus adaptable et d’affronter plus facilement toutes les nouvelles expériences.

Il est important de fournir à la mère un endroit adapté et calme qui permette l’apaisement. Les premiers jours, éviter d’interférer dans les relations entre la mère et ses chatons. La mère pour bien remplir son rôle doit avoir bien récupéré de la mise bas. Le stress, l’épuisement de la mère suite à une mise bas difficile, une portée trop nombreuse, du parasitisme, des carences alimentaires peuvent être un handicap à un attachement de qualité. Il convient également d’éviter de multiplier les séparations trop longues d’avec la mère. Même si, elle a par moments besoin de s’isoler, il est nécessaire de la laisser au contact de ses chatons aussi en dehors des moments consacrés au nourrissage. Il n’est pas question de la séparer de ses chatons, au prétexte qu’il existe actuellement des aliments de sevrage.
Les capacités de la mère sont importantes. Pour avoir des qualités apaisantes, elle doit elle-même se sentir apaisée. Souvent de très belles femelles morphologiquement parlant peuvent être anxieuses. Cela représente alors un handicap pour le développement de leurs chatons.

 

3. UNE MÈRE PAS TROP PEUREUSE ET CAPABLE DE RÉALISER L’ACQUISITION DES AUTOCONTRÔLES

3.1. LE COMPORTEMENT DE LA MÈRE INFLUENCE CELUI DE SES CHATONS DÈS LA GESTATION

La maturation des structures nerveuses commence bien avant la naissance. Certaines compétences sensorielles sont en place avant la naissance :
- Le sens tactile dés le 21-25e jour de gestation
- La gustation, et peut être certaines aptitudes olfactives, semblent acquises.
L’environnement a déjà une importance par le biais des émotions maternelles qui sont transmises aux foetus.
Le stress prénatal peut donc avoir des conséquences sur l’émotivité des petits, à des degrés divers selon la période et l’intensité du stress. Le chaton baigne dans le liquide amniotique et peut être influencé par diverses sécrétions maternelles dont les hormones du stress. une mère stressée peut rendre le chaton moins adaptable, plus réceptif au stress même in utero. A la fin de la gestation, les petits sont sensibles au contact.

3.2. ACQUISITION DES AUTOCONTRÔLES

Chez le chat, les autocontrôles s’acquièrent aux alentours de la 5e semaine. Le rôle de la mère est fondamental.
La mère intervient à deux titres : en régulant les comportements débordant et en fournissant un modèle que le chaton va imiter.
L’apprentissage par imitation fait que les habitudes maternelles (préférences alimentaires par exemple) se transmettent aisément à la portée. Un des exemples de comportement acquis par imitation est celui de l’enfouissement des excréments.
Le jeu est un élément essentiel dans l’acquisition de comportements régulés utiles à la vie adulte (contrôle de la rétraction des griffes, de l’intensité de la morsure).
La chatte sanctionne ses chatons par des gifles sur le nez et en les retournant et en leur labourant le ventre. Il est donc primordial qu’elle possède elle même des autocontrôles satisfaisants.

Conseil 3 : Ne pas choisir les reproductrices uniquement en fonction de leurs caractéristiques morphologiques mais aussi en prenant en compte leur équilibre comportemental.

Il est recommandé dans le dernier tiers de la gestation de ne pas hésiter à caresser doucement et à masser l’abdomen de la chatte pour améliorer la tolérance au contact des petits, à condition que ce contact soit plaisant pour la chatte. Dans la mesure du possible éviter de mettre à la reproduction des chattes trop anxieuses.
La présence d’un adulte éducateur (de préférence la mère) compétent durant les premières semaines de vie est très importante pour l’acquisition des autocontrôles. Si la mère est fatiguée, incompétente ou que la portée est nombreuse, l’aide d’un autre adulte peut s’avérer nécessaire (même un mâle adulte stérilisé).

 

4. UN ÉTAT GÉNÉRAL OPTIMAL : NI MALADIES, NI CARENCES

L’alimentation intervient dans la construction cérébrale. Des troubles du développement et cognitifs peuvent être liés à des carences. Des études convergent pour établir une relation entre un apport alimentaire déficient en Ω3 (DHA) et des perturbations comportementales.
Les maladies infectieuses et parasitaires peuvent également être un facteur de prédisposition aux affections comportementales par les carences qu’elles entrainent. L’isolement, les manipulations forcées représentent des facteurs de vulnérabilité des maladies comportementales du développement. La prophylaxie précoce des maladies infectieuses et parasitaires doit permettre l’exposition des jeunes animaux aux conditions de milieu tout en leur garantissant une protection sanitaire.

Conseil 4 : fournir une alimentation de qualité à la mère et ses chatons afin de favoriser la production d’un lait permettant de fournir aux cerveaux des chatons en pleine construction tous les nutriments indispensables.

Réaliser une prophylaxie sanitaire avec des protocoles actualisés et des produits garantissant les meilleures protections en fonction de l’actualité infectieuse et parasitaire, pour les mères et les chatons.
Adopter des procédures d’hygiène spécifique correspondant à la réalité du terrain et aux besoins de l’élevage.


5. L’ÂGE DE LA SÉPARATION

5.1. SÉPARER OU PAS AVANT LA VENTE

Séparer les chatons de la mère quelques jours avant la vente ne présente pas d’intérêt. Le développement comportemental est très rapide, et en quelques jours il peut se passer beaucoup de choses.

5.2. ÂGE DE LA VENTE

Avant 8 semaines ce n’est pas possible, après 8 semaines il n’y a pas de limite légale. Si les stimulations présentes dans votre élevage sont très différentes de celles du futur lieu de vie du chaton, le plus tôt possible est le mieux.

Conseil 5 : Connaître le futur contexte de vie du chaton (lieu et activités partagées avec ses maîtres) afin d’adapter l’âge de la vente en fonction du différentiel de stimulations entre votre élevage et sa future vie. Conseiller si besoin du mobilier et des jouets permettant d’enrichir le milieu de vie du chaton.

Conseiller d’éviter de mettre le chaton dans un état d’excitation trop important afin de conserver les autocontrôles acquis au moment de la vente.

 

CONCLUSION

Le développement comportemental du chaton est très condensé et se déroule entièrement à l’élevage pour les chatons pure race. Le chaton fait preuve d’une autonomie comportementale précoce. Le choix des reproductrices, les conditions de milieu proposées, le nombre et la disponibilité des personnes présentes au moment de l’arrivée des chatons sont des éléments sur lesquels il est possible d’agir afin de proposer aux futurs acquéreurs des chatons qui partent avec toutes les bases nécessaires à un comportement harmonieux.

 

DÉCLARATION PUBLIQUE D’INTÉRÊTS SOUS LA RESPONSABILITÉ DU OU DES AUTEURS : Non communiqué

 

Source : Rencontres AFVAC 2017

 

Synthèse de la table ronde du 22 novembre 2017:

Stimuler le chaton avant l'ouverture des yeux. Privilégier le contact avec la main humaine !

Eviter l'hypostimulation, même avant la naissance.

Par contre, prendre garde à ne pas hyperstimuler un chaton s'il risque d'être hypostimulé plus tard...

La manipulation doit toujours avoir lieu dans un contexte positif.

Idéalement, la manipulation devrait durer 40 minutes par jour, ce qui est parfois difficile à réaliser. On privilégie alors la qualité à la quantité.

L'exposition aux stimulis devra se faire en présence de la mère.

Ne pas déranger les mères qui s'occupent de leurs petits.

Limiter les séparations trop longues entre les mères et leurs petits.

Quelle est la mère "idéale" ?

Pas trop peureuse, joueuse, qui va contrôler les griffes et les morsures.

Les caractéristiques comportementales d'une reproductrice sont indispensables.

Un autre adulte peut assister la mère en cas de défaillance.

Ne pas faire reproduire une femelle en carences, ou souffrant de maladies infectieuses ou parasitaires.

Séparer les chatons de la mères ?

Aucun intérêt à les séparer avant la vente.

Autant les laisser avec la mère qui poursuivra leur apprentissage.

Prendre en compte le futur milieu de vie du chaton, pour limiter les différences.

Attention à ne pas provoquer de surexcitation lors des phases de jeu. Le jeu doit consolider les autocontrôles.

 

D'autres questions, d'autres remarques ?

Continuons le débat sur notre forum !

 

 

La visite d'élevage (AFVAC 2017)

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LA VISITE D’ÉLEVAGE CANIN : INTÉRÊTS ET MODALITÉS

 

FRANÇOISE LEMOINE
DV
CHV Atlantia - 22 rue Viviani - 44200 NANTES

 

La législation relative aux activités liées aux animaux de compagnie règlementées par l’article L214-6 du Code Rural a fait l’objet de nombreux remaniements depuis le décret N° 2008-871 du 28 août 2008. Les annexes de l’arrêté du 3 avril 2014 qui en sont l’aboutissement, fixent définitivement les règles sanitaires auxquelles doivent satisfaire ces activités et leur mise en pratique.
Elles impliquent le vétérinaire à deux niveaux : la surveillance des élevages, pensions, refuges… et la certification de bonne santé lors de vente de chatons. La grande diversité des élevages en fonction du nombre de reproducteurs, des races élevées, de la finalité de l’élevage (passion ou rentabilité)… impose une adaptation au cas par cas du protocole que nous allons proposer destiné aux structures "importantes" canines ou félines mais qui peut le plus peut le moins.

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IDÉES REÇUES AUTOUR DE LA MISE BAS

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IDÉES REÇUES AUTOUR DE LA MISE BAS

JÉRÔME SEGUELA
DV, Ancien Maitre de conférences Médecine Interne ENVT, Dip. de l'Internat en Animaux de Compagnie à
l'ENVA, CES Hématologie et Biochimie Cliniques
Clinique vétérinaire de Parme - 2, Rue Pelletier - 64 200 Biarritz
Clinique vétérinaire Vetivia- 77, Avenue du Maréchal Juin - 64 200 Biarritz

 

Dans tous les domaines, de nombreuses idées existent et font offices de vérités : le monde de l'élevage n'échappe pas à la règle bien évidemment. En effet, il est possible de répertorier de nombreuses croyances ou affirmations faisant référence à la physiologie, aux pathologies et comportement chez les animaux.
La science vétérinaire faisant de nombreux progrès, il est démontré, au fil des années, que certaines de ces affirmations sont totalement ou partiellement fausses et erronées : la médecine vétérinaire s'appuie de plus en plus sur des bonnes pratiques c'est à dire qu'elle s'appuie objectivement sur des résultats de travaux cliniques cherchant à étudier de nombreux domaines. La reproduction est bien un de ces domaines.Il est donc nécessaire, en s'appuyant sur des arguments scientifiques, de tordre le cou à ces « idées reçues» car elles peuvent être à l'origine de comportement ou de décisions néfastes pour les animaux.
Cette conférence a pour objectif, dans ce module traitant comment «sécuriser la reproduction » d'évoquer certaines idées reçues autour de la mise bas en élevage félin.

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CHOISIR UN REPRODUCTEUR AMÉLIORATEUR

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CHOISIR UN REPRODUCTEUR AMÉLIORATEUR

MARIE ABITBOL
DMV, PhD, HDR
VetAgro Sup, Campus vétérinaire de Lyon, 1 Avenue Bourgelat- 69 280 Marcy l'Étoile

 


I) NOTIONS D'AMELIORATION GÉNÉTIQUE


L'éleveur félin d'aujourd'hui, qu'il soit professionnel ou amateur, se trouve confronté à trois enjeux majeurs : sélectionner, améliorer et sauvegarder sa race.

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