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Le développement comportemental du chaton (AFVAC 2017)

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LE DÉVELOPPEMENT COMPORTEMENTAL DU CHATON : L’ESSENTIEL EN 5 CONSEILS

MURIEL MARION
DV, Vétérinaire comportementaliste-Présidente du GECAF
muriel.marion@free.fr

 

Le chaton se construit de l’héritage de ses parents et du contexte dans lequel il évolue. Il n’existe pas de lien direct entre les comportements. Il n’existe pas de gènes de l’agressivité ou de gène de l’amour des enfants. Le chaton hérite de la moitié des gènes de sa mère et de la moitié de ceux de son père. Ce potentiel génétique peut être un facteur de vulnérabilité de certaines affections : déficits sensoriels (surdité), troubles de l’humeur. Elles peuvent entraîner des affections comportementales.

La mère transmet bien plus que ses gènes. Elle participe au milieu de développement dès la phase prénatale. Elle encadre le développement du chaton avec ses propres capacités et insuffisances éventuelles, avec ses émotions et lui sert de modèle. Les conditions de développement jouent un rôle majeur. Elles orientent le potentiel du chaton, lui permettent d’acquérir des bases comportementales, réactionnelles qui constitueront le socle sur lequel le chat adaptera et modifiera ses comportements par la suite. Elles participent aussi à la mise en place de vulnérabilités, c’est-à-dire de facteurs de risques d’apparition de troubles comportementaux.


1. UN ENVIRONNEMENT STIMULANT

1.1. HOMÉOSTASIE SENSORIELLE

Dès l’ouverture des yeux, les compétences développées par le chaton doivent être renforcées et stimulées. D’où l’importance de les manipuler pour cultiver le sens tactile et commencer à habituer les chatons au contact de la main humaine. C’est d’autant plus important que la portée est réduite, que la mère est absente ou débordée.
La perception des stimuli de l’environnement permet la mise en place d’un niveau de stimulation sensorielle de référence, qui détermine le seuil de tolérance aux informations extérieures. Un milieu suffisamment stimulant permet au chat d’incorporer un maximum de stimulations dans sa «banque de donnée interne».
Chez le chat, il est important que le milieu de vie ultérieur soit en adéquation avec le milieu de développement. Les chatons élevés dans un milieu hypostimulant montreront des réactions de peur face à différents stimuli de leur environnement.
A l’inverse, le passage d’un milieu hyperstimulant à un milieu hypostimulant génère également des maladies comportementales.

1.2. LA SOCIALISATION

Pour qu’un chat soit sociabilisé aux représentants de son espèce il doit vivre avec des chats jusqu’à au moins 5 semaines voire 7 semaines.
Un chaton séparé précocement de sa mère et de ses congénères ne sera pas sociabilisé à son espèce, mais s’identifiera à l’espèce au contact de laquelle il aura été élevé (espèce humaine généralement).
La sociabilisation à l’homme est fondamentale puisqu’elle garantit la qualité des interactions avec l’espèce humaine. La sociabilisation vis-à-vis des autres espèces que le chat va être conduit à côtoyer (chien ou lapin par exemple) est également importante.
Le processus de sociabilisation avec une autre espèce, nécessite des manipulations dans un contexte positif. Le fait de nourrir les chats ne suffit pas... Si la chatte n’est pas à l’aise avec l’humain, ses réactions de peur vont entraver les contacts avec les chatons et ils associeront les réactions négatives de leur mère à la présence humaine.
L’étude de Karsh et Turner établit la durée optimale des contacts avec l’homme à 40 mn par jour. Les chats correctement manipulés jusqu’à l’âge de 7 semaines sont plus amicaux avec l’homme et moins peureux. La sociabilisation est meilleure si le nombre de manipulateurs augmente. Selon cette étude, quelques chats (15 %) ne répondent pas à ces manipulations et gardent un tempérament peu sociable.
La période optimale pour la sociabilisation avec l’homme s’étend de la 2e à la 7e semaine. La peur de l’inconnu, et la peur de l’homme en particulier, débutent aux alentours de la 6e semaine. La sociabilisation à l’espèce humaine constitue une priorité, la peur étant une cause majeure d’agression.

Conseil 1 : À partir de la 3e semaine, il est conseillé de fournir au chaton de nombreuses stimulations qui le rendront plus adaptable. Les stimulations doivent être variées. Le chaton doit pouvoir se soustraire à la stimulation, faute de quoi le contraire de l’effet escompté peut exister : le chaton devient de plus en plus peureux face à cette stimulation.

Manipuler beaucoup et correctement, sans les effrayer les chatons de la 2e à la 7e semaine. Le faire faire, si possible par plusieurs personnes.

 

2. UN ATTACHEMENT DE QUALITÉ : AVOIR UNE BASE DE SÉCURITÉ POUR DÉCOUVRIR LE MONDE

À la fin de la période de transition (7e –10e jour), les aptitudes motrices et les compétences sensorielles permettent au chaton de commencer à explorer l’environnement et de découvrir le monde, inaugurant ainsi la dernière période du développement.
Le chaton est désormais capable d’analyser les caractéristiques maternelles et de l’identifier comme source de soins et de réconfort.
Cette phase correspond à la mise en place du lien d’attachement des chatons à la mère.
L’exposition à de nombreux stimuli doit être faite en présence d’une figure d’attachement permettant au chaton de s’apaiser lorsqu’il a eu peur. Fournir une pièce d’éveil avec des stimulations sonores, tactiles… ne suffit pas si les chatons n’ont pas la possibilité de s’apaiser au contact de leur mère.
Afin que la mère puisse remplir son rôle de figure apaisante, le lien d’attachement doit s’être construit dès les premiers jours.

Conseil 2 : Un attachement apaisant permet au chaton d’être plus adaptable et d’affronter plus facilement toutes les nouvelles expériences.

Il est important de fournir à la mère un endroit adapté et calme qui permette l’apaisement. Les premiers jours, éviter d’interférer dans les relations entre la mère et ses chatons. La mère pour bien remplir son rôle doit avoir bien récupéré de la mise bas. Le stress, l’épuisement de la mère suite à une mise bas difficile, une portée trop nombreuse, du parasitisme, des carences alimentaires peuvent être un handicap à un attachement de qualité. Il convient également d’éviter de multiplier les séparations trop longues d’avec la mère. Même si, elle a par moments besoin de s’isoler, il est nécessaire de la laisser au contact de ses chatons aussi en dehors des moments consacrés au nourrissage. Il n’est pas question de la séparer de ses chatons, au prétexte qu’il existe actuellement des aliments de sevrage.
Les capacités de la mère sont importantes. Pour avoir des qualités apaisantes, elle doit elle-même se sentir apaisée. Souvent de très belles femelles morphologiquement parlant peuvent être anxieuses. Cela représente alors un handicap pour le développement de leurs chatons.

 

3. UNE MÈRE PAS TROP PEUREUSE ET CAPABLE DE RÉALISER L’ACQUISITION DES AUTOCONTRÔLES

3.1. LE COMPORTEMENT DE LA MÈRE INFLUENCE CELUI DE SES CHATONS DÈS LA GESTATION

La maturation des structures nerveuses commence bien avant la naissance. Certaines compétences sensorielles sont en place avant la naissance :
- Le sens tactile dés le 21-25e jour de gestation
- La gustation, et peut être certaines aptitudes olfactives, semblent acquises.
L’environnement a déjà une importance par le biais des émotions maternelles qui sont transmises aux foetus.
Le stress prénatal peut donc avoir des conséquences sur l’émotivité des petits, à des degrés divers selon la période et l’intensité du stress. Le chaton baigne dans le liquide amniotique et peut être influencé par diverses sécrétions maternelles dont les hormones du stress. une mère stressée peut rendre le chaton moins adaptable, plus réceptif au stress même in utero. A la fin de la gestation, les petits sont sensibles au contact.

3.2. ACQUISITION DES AUTOCONTRÔLES

Chez le chat, les autocontrôles s’acquièrent aux alentours de la 5e semaine. Le rôle de la mère est fondamental.
La mère intervient à deux titres : en régulant les comportements débordant et en fournissant un modèle que le chaton va imiter.
L’apprentissage par imitation fait que les habitudes maternelles (préférences alimentaires par exemple) se transmettent aisément à la portée. Un des exemples de comportement acquis par imitation est celui de l’enfouissement des excréments.
Le jeu est un élément essentiel dans l’acquisition de comportements régulés utiles à la vie adulte (contrôle de la rétraction des griffes, de l’intensité de la morsure).
La chatte sanctionne ses chatons par des gifles sur le nez et en les retournant et en leur labourant le ventre. Il est donc primordial qu’elle possède elle même des autocontrôles satisfaisants.

Conseil 3 : Ne pas choisir les reproductrices uniquement en fonction de leurs caractéristiques morphologiques mais aussi en prenant en compte leur équilibre comportemental.

Il est recommandé dans le dernier tiers de la gestation de ne pas hésiter à caresser doucement et à masser l’abdomen de la chatte pour améliorer la tolérance au contact des petits, à condition que ce contact soit plaisant pour la chatte. Dans la mesure du possible éviter de mettre à la reproduction des chattes trop anxieuses.
La présence d’un adulte éducateur (de préférence la mère) compétent durant les premières semaines de vie est très importante pour l’acquisition des autocontrôles. Si la mère est fatiguée, incompétente ou que la portée est nombreuse, l’aide d’un autre adulte peut s’avérer nécessaire (même un mâle adulte stérilisé).

 

4. UN ÉTAT GÉNÉRAL OPTIMAL : NI MALADIES, NI CARENCES

L’alimentation intervient dans la construction cérébrale. Des troubles du développement et cognitifs peuvent être liés à des carences. Des études convergent pour établir une relation entre un apport alimentaire déficient en Ω3 (DHA) et des perturbations comportementales.
Les maladies infectieuses et parasitaires peuvent également être un facteur de prédisposition aux affections comportementales par les carences qu’elles entrainent. L’isolement, les manipulations forcées représentent des facteurs de vulnérabilité des maladies comportementales du développement. La prophylaxie précoce des maladies infectieuses et parasitaires doit permettre l’exposition des jeunes animaux aux conditions de milieu tout en leur garantissant une protection sanitaire.

Conseil 4 : fournir une alimentation de qualité à la mère et ses chatons afin de favoriser la production d’un lait permettant de fournir aux cerveaux des chatons en pleine construction tous les nutriments indispensables.

Réaliser une prophylaxie sanitaire avec des protocoles actualisés et des produits garantissant les meilleures protections en fonction de l’actualité infectieuse et parasitaire, pour les mères et les chatons.
Adopter des procédures d’hygiène spécifique correspondant à la réalité du terrain et aux besoins de l’élevage.


5. L’ÂGE DE LA SÉPARATION

5.1. SÉPARER OU PAS AVANT LA VENTE

Séparer les chatons de la mère quelques jours avant la vente ne présente pas d’intérêt. Le développement comportemental est très rapide, et en quelques jours il peut se passer beaucoup de choses.

5.2. ÂGE DE LA VENTE

Avant 8 semaines ce n’est pas possible, après 8 semaines il n’y a pas de limite légale. Si les stimulations présentes dans votre élevage sont très différentes de celles du futur lieu de vie du chaton, le plus tôt possible est le mieux.

Conseil 5 : Connaître le futur contexte de vie du chaton (lieu et activités partagées avec ses maîtres) afin d’adapter l’âge de la vente en fonction du différentiel de stimulations entre votre élevage et sa future vie. Conseiller si besoin du mobilier et des jouets permettant d’enrichir le milieu de vie du chaton.

Conseiller d’éviter de mettre le chaton dans un état d’excitation trop important afin de conserver les autocontrôles acquis au moment de la vente.

 

CONCLUSION

Le développement comportemental du chaton est très condensé et se déroule entièrement à l’élevage pour les chatons pure race. Le chaton fait preuve d’une autonomie comportementale précoce. Le choix des reproductrices, les conditions de milieu proposées, le nombre et la disponibilité des personnes présentes au moment de l’arrivée des chatons sont des éléments sur lesquels il est possible d’agir afin de proposer aux futurs acquéreurs des chatons qui partent avec toutes les bases nécessaires à un comportement harmonieux.

 

DÉCLARATION PUBLIQUE D’INTÉRÊTS SOUS LA RESPONSABILITÉ DU OU DES AUTEURS : Non communiqué

 

Source : Rencontres AFVAC 2017

 

Synthèse de la table ronde du 22 novembre 2017:

Stimuler le chaton avant l'ouverture des yeux. Privilégier le contact avec la main humaine !

Eviter l'hypostimulation, même avant la naissance.

Par contre, prendre garde à ne pas hyperstimuler un chaton s'il risque d'être hypostimulé plus tard...

La manipulation doit toujours avoir lieu dans un contexte positif.

Idéalement, la manipulation devrait durer 40 minutes par jour, ce qui est parfois difficile à réaliser. On privilégie alors la qualité à la quantité.

L'exposition aux stimulis devra se faire en présence de la mère.

Ne pas déranger les mères qui s'occupent de leurs petits.

Limiter les séparations trop longues entre les mères et leurs petits.

Quelle est la mère "idéale" ?

Pas trop peureuse, joueuse, qui va contrôler les griffes et les morsures.

Les caractéristiques comportementales d'une reproductrice sont indispensables.

Un autre adulte peut assister la mère en cas de défaillance.

Ne pas faire reproduire une femelle en carences, ou souffrant de maladies infectieuses ou parasitaires.

Séparer les chatons de la mères ?

Aucun intérêt à les séparer avant la vente.

Autant les laisser avec la mère qui poursuivra leur apprentissage.

Prendre en compte le futur milieu de vie du chaton, pour limiter les différences.

Attention à ne pas provoquer de surexcitation lors des phases de jeu. Le jeu doit consolider les autocontrôles.

 

D'autres questions, d'autres remarques ?

Continuons le débat sur notre forum !

 

 

La visite d'élevage (AFVAC 2017)

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LA VISITE D’ÉLEVAGE CANIN : INTÉRÊTS ET MODALITÉS

 

FRANÇOISE LEMOINE
DV
CHV Atlantia - 22 rue Viviani - 44200 NANTES

 

La législation relative aux activités liées aux animaux de compagnie règlementées par l’article L214-6 du Code Rural a fait l’objet de nombreux remaniements depuis le décret N° 2008-871 du 28 août 2008. Les annexes de l’arrêté du 3 avril 2014 qui en sont l’aboutissement, fixent définitivement les règles sanitaires auxquelles doivent satisfaire ces activités et leur mise en pratique.
Elles impliquent le vétérinaire à deux niveaux : la surveillance des élevages, pensions, refuges… et la certification de bonne santé lors de vente de chatons. La grande diversité des élevages en fonction du nombre de reproducteurs, des races élevées, de la finalité de l’élevage (passion ou rentabilité)… impose une adaptation au cas par cas du protocole que nous allons proposer destiné aux structures "importantes" canines ou félines mais qui peut le plus peut le moins.

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IDÉES REÇUES AUTOUR DE LA MISE BAS

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IDÉES REÇUES AUTOUR DE LA MISE BAS

JÉRÔME SEGUELA
DV, Ancien Maitre de conférences Médecine Interne ENVT, Dip. de l'Internat en Animaux de Compagnie à
l'ENVA, CES Hématologie et Biochimie Cliniques
Clinique vétérinaire de Parme - 2, Rue Pelletier - 64 200 Biarritz
Clinique vétérinaire Vetivia- 77, Avenue du Maréchal Juin - 64 200 Biarritz

 

Dans tous les domaines, de nombreuses idées existent et font offices de vérités : le monde de l'élevage n'échappe pas à la règle bien évidemment. En effet, il est possible de répertorier de nombreuses croyances ou affirmations faisant référence à la physiologie, aux pathologies et comportement chez les animaux.
La science vétérinaire faisant de nombreux progrès, il est démontré, au fil des années, que certaines de ces affirmations sont totalement ou partiellement fausses et erronées : la médecine vétérinaire s'appuie de plus en plus sur des bonnes pratiques c'est à dire qu'elle s'appuie objectivement sur des résultats de travaux cliniques cherchant à étudier de nombreux domaines. La reproduction est bien un de ces domaines.Il est donc nécessaire, en s'appuyant sur des arguments scientifiques, de tordre le cou à ces « idées reçues» car elles peuvent être à l'origine de comportement ou de décisions néfastes pour les animaux.
Cette conférence a pour objectif, dans ce module traitant comment «sécuriser la reproduction » d'évoquer certaines idées reçues autour de la mise bas en élevage félin.

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CHOISIR UN REPRODUCTEUR AMÉLIORATEUR

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CHOISIR UN REPRODUCTEUR AMÉLIORATEUR

MARIE ABITBOL
DMV, PhD, HDR
VetAgro Sup, Campus vétérinaire de Lyon, 1 Avenue Bourgelat- 69 280 Marcy l'Étoile

 


I) NOTIONS D'AMELIORATION GÉNÉTIQUE


L'éleveur félin d'aujourd'hui, qu'il soit professionnel ou amateur, se trouve confronté à trois enjeux majeurs : sélectionner, améliorer et sauvegarder sa race.

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PRATIQUER LA CONSANGUINITÉ EN CONNAISSANT LES RISQUES

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PRATIQUER LA CONSANGUINITÉ EN CONNAISSANT LES RISQUES

MARIE ABITBOL
DMV, PhD, HDR
VetAgro Sup, Campus vétérinaire de Lyon, 7 Avenue Bourgelat- 69 280 Marcy l'Étoile

 

I) PATRIMOINE GÉNÉTIQUE FÉLIN ET MALADIES HEREDITAIRES

L'information génétique du chat est portée par ses chromosomes, que l'on trouve dans le noyau des cellules. L'espèce féline possède 38 chromosomes repartis par paires (un chromosome d'origine paternelle et un chromosome d'origine maternelle dans chaque paire). On distingue 18 paires de chromosomes appelés autosomes qui sont tous les chromosomes sauf les chromosomes sexuels (X et Y) et une paire de chromosomes sexuels. Les chats mâles sont 36 + XY et les chattes sont 36 +XX. Chaque chromosome est constitué d'ADN (acide désoxyribonucléique) et comporte des unités de structure et de fonction appelés gènes (de façon simplifiée, un gène est une séquence d'ADN qui va permettre la synthèse d'une protéine). Un même gène peut se rencontrer sous différentes formes que l'on appelle les allèles du gène. Ces variations sont à la base des différences qui existent entre les individus. Les chromosomes maternel et paternel d'une même paire portent les mêmes gènes mais pas forcément les mêmes allèles. Ainsi un individu peut posséder deux allèles différents du même gène. On qualifie d'homozygote un individu possédant le même allèle sur le chromosome d'origine paternelle et sur le chromosome d'origine maternelle, et d'hétérozygote un individu possédant deux allèles différents.
Un grand nombre de maladies héréditaires a été identifié chez le chat domestique de race. Cette situation peut s'expliquer par l'origine même de nos chats de race. En effet, les races félines telles que nous les connaissons sont le fruit d'intenses efforts de sélection, et de croisements effectués «à façon» par l' homme. Les pratiques d'élevage telles que l'utilisation d'un nombre réduit de reproducteurs mâles et femelles, la sélection stricte de leurs descendants et l'usage de la consanguinité (utilisée pour fixer rapidement des caractères morphologiques tels que conformation, couleur et texture de pelage), ont abouties à l'homogénéité des individus au sein d'une même race. Cependant, en même temps que les caractères désirés étaient conservés durablement, de façon involontaire, des caractères non détectables à la naissance ont également été fixés. Ainsi, des allèles responsables de maladies héréditaires simples, ou des combinaisons d'allèles non adéquates responsables de maladies héréditaires complexes (dites polygéniques) font désormais partie du patrimoine génétique de chaque race féline.
Il existe plus de 330 caractères et maladies héréditaires dans l'espèce féline (Online Mendelion lnheritance ln Animais: http://omia.angis.org.au/). Cependant, à ce jour, il a été montré que seulement 92 d'entre eux sont déterminés par un gène unique ( http://omia.angis.org.au/). Or ce sont ces maladies dites monogéniques qui sont les plus simples à étudier et pour lesquelles nous disposons d'outils de recherche puissants pour identifier gènes et mutations responsables. Les tests génétiques disponibles aujourd'hui pour l'espèce féline concernent donc uniquement ce type de maladies héréditaires déterminées par un gène unique. Si en septembre 2016, 60 maladies et caractères ont été caractérisés du point de vue moléculaire (http: //omia.angis.org.au/), il n'existe pas autant de tests génétiques commercialisés. En effet, certains caractères concernent des phénotypes non délétères, ne présentant pas d'intérêt majeur pour l'élevage félin ou ne concernent que des animaux isolés ou des colonies expérimentales. Ainsi, toutes les mutations découvertes ne donnent pas lieu à la commercialisation d'un test génétique.
Les tests peuvent être utilisés pour le diagnostic des maladies héréditaires, cependant, l'utilisation principale des tests génétiques est le dépistage. Tout d'abord, les tests génétiques permettent le dépistage des individus atteints, avant la survenue des symptômes, dans le cas des maladies dominantes à pénétrance incomplète et des maladies d'apparition tardive quel que soit leur mode de transmission. Le dépistage permet alors un meilleur suivi vétérinaire du chat et, si nécessaire et disponible, la mise en place d'un traitement précoce. Le dépistage permet également d'éviter les accouplements à risque et la naissance de chatons qui seront atteints. De plus, les tests génétiques permettent le dépistage des individus porteurs sains, dans le cas des maladies récessives. Ils permettent ainsi d'éviter les accouplements à risque et la naissance de chatons qui développeront la maladie.

 

Il) NOTION DE CONSANGUINITÉ

L'usage de la consanguinité, c'est à dire l'accouplement de deux individus apparentés, conduit à une homogénéisation du génome des individus consanguins (elle augmente l'homozygotie du génome, c'est à dire le fait d'avoir deux copies identiques d'un gène, héritées de son père et de sa mère). Cette conséquence peut être exploitée favorablement pour fixer rapidement un caractère récessif rare ou un caractère polygénique (gouverné par de nombreux gènes) nécessitant que les animaux soient homozygotes pour plusieurs gènes. Cependant, en augmentant l'homozygotie, la consanguinité conduit également à mettre à l'état homozygote des mutations responsables de maladies héréditaires. Ainsi, pour les maladies récessives, les individus malades seront plus fréquemment les individus consanguins.
La consanguinité possède donc à la fois un côté positif: elle homogénéise les populations, les individus se ressemblent d'une génération à l'autre et il n'y a pas de surprise dans les portées, elle permet de fixer les caractères désirables (morphologie, couleurs); mais elle possède également un côté négatif : le patrimoine génétique des chats devient de plus en plus homogène (il y a perte de diversité génétique), on ne peut plus faire de sélection (voir chapitre IV) et le risque de produire des animaux atteints de maladies héréditaires augmente. Ces deux aspects sont hélas indissociables, c'est pourquoi, si l'on souhaite utiliser la consanguinité en élevage, il est nécessaire de bien apprécier ses deux composantes et il faut prendre les précautions adéquates.

 

Ill) CONSANGUINITE ET MALADIES HEREDITAIRES

Aujourd'hui, la consanguinité peut être utilisée en élevage félin, de manière délibérée ou contrainte. En effet. dans les races à petits effectifs, utiliser des reproducteurs non apparentés peut se révéler impossible. Cependant, l'utilisation de tests génétiques de dépistage existant pour certaines maladies héréditaires et le respect de quelques précautions dans la gestion des accouplements permet aujourd'hui de minimiser les risques de produire des chatons malades.
Avant de planifier un mariage consanguin, il convient de s'assurer que les deux reproducteurs sont indemnes et non porteurs-sains des maladies héréditaires présentes dans la race et dépistables par test ADN. En effet, de nombreuses maladies héréditaires félines se transmettent sur le mode autosomique récessif. Cela signifie que mâles et femelles sont affectés dans les mêmes proportions, transmettent la maladie avec la même fréquence et qu'il existe des porteurs sains. Les individus malades portent deux copies du gène muté (ils sont homozygotes mutés), les individus porteurs sains ne portent qu'une copie du gène muté ( ils sont hétérozygotes) et les individus indemnes et non-porteurs ne portent pas de copie mutée du gène en cause ( ils sont homozygotes sains). Ainsi deux chats porteurs sains, s'ils sont accouplés, donnent en moyenne naissance à 25% de chatons atteints. Il est donc nécessaire de vérifier que les deux reproducteurs apparentés ne sont pas tous deux porteurs sains d'une maladie récessive.
Concernant les maladies héréditaires ne disposant pas d'un test ADN de dépistage, si l'on a connaissance de cas de chats atteints dans la lignée des deux reproducteurs envisagés pour le mariage consanguin, il est fortement déconseillé de pratiquer le mariage.
En effet, comme nous l'avons vu dans la partie Ill, la consanguinité homogénéise le patrimoine génétique des chats: elle les rend homozygotes. Or la majorité des maladies héréditaires félines sont récessives ou polygéniques. Ce la signifie que les individus, pour être atteints de ces maladies, doivent être homozygotes pour un ou plusieurs gènes. La consanguinité augmentant l'homozygotie, le risque est grand de produire des chatons malades en pratiquant un mariage consanguin, sachant que dans la lignée il y a eu un ou plusieurs cas de la maladie.

 

IV) CONSANGUINITÉ ET PERTE DE DIVERSITÉ GÉNÉTIQUE

Ainsi que nous l'avons évoqué dans la partie Ill, la consanguinité homogénéise le patrimoine génétique des chats. Or l'homogénéité (ou homozygotie) est l'inverse de la diversité génétique.
L'usage répété de la consanguinité (mariages consanguins sur plusieurs générations) diminue la diversité génétique à l'échelle de l'individu, de la lignée, de la race. Or il est nécessaire de disposer de diversité génétique pour pouvoir effectuer de la sélection. La sélection permet de choisir des reproducteurs qui possèdent les caractéristiques désirées, afin de les fixer dans leur descendance.
Si une race est très consanguine, tous les individus se ressemblent fortement et Il devient impossible de choisir un reproducteur sur la base d'une caractéristique qui n'existerait plus dans la race.
Illustrons cela avec l'exemple de la souris : le stade ultime de la consanguinité est représenté par les lignées consanguines de souris que l'on utilise en recherche. Les individus sont tous identiques et chaque nouvelle génération est identique à la précédente. Imaginons une lignée de souris blanches: dans cette lignée il sera impossible de sélectionner des reproducteurs pour produire des souriceaux colorés car tous les reproducteurs sont fixés pour la couleur blanche et seuls des souriceaux blancs peuvent être produits.
Le seul moyen de produire des souriceaux colorés sera d'utiliser un reproducteur d'une autre lignée, coloré, pour réintroduire la coloration et de la diversité génétique.
Outre le risque de ne plus pouvoir faire de sélection. une consanguinité répétée produit une "dépression consanguine" qui se traduit en premier lieu par des soucis de reproduction: les individus sont de moins en moins fertiles et prolifiques et il apparaît une fragilité des chatons qui meurent plus souvent que la moyenne en période néonatale (malformations diverses, infections à répétition).

 

CONCLUSION

L'usage de la consanguinité en élevage félin doit donc, autant que possible, être limité. Si un mariage consanguin est planifié, il doit être réfléchi et raisonné, afin de minimiser les risques pour la portée à venir. Dans tous les cas, l'usage répété d'accouplements consanguins est très fortement déconseillé.

• DÉCLARATION PUBLIQUE D'INTÉRÉTS SOUS LA RESPONSABILITÉ DU OU DES AUTEURS : NÉANT

 
 
Source : Rencontres AFVAC 2016
 

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